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Audit achats : comment analyser les achats de classe C ?

Responsable achats analysant un tableau de bord d’audit des achats de classe C
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Jeremy Ferrer
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Réaliser un audit achats est devenu indispensable pour comprendre et optimiser les achats de classe C, un périmètre souvent sous-estimé mais responsable d’une grande partie des coûts cachés. Ces achats, dispersés entre de multiples services, fournisseurs ponctuels et commandes non centralisées, forment un ensemble difficile à maîtriser sans un travail structuré d’analyse. Les organisations disposant déjà d’une démarche formelle, comme celles qui ont étudié l’impact des achats de classe C dans la performance globale ou qui ont engagé une stratégie d’externalisation des achats de classe C, bénéficient d’une base solide pour aller plus loin dans le diagnostic.

L’audit achats repose sur une logique simple : voir, comprendre, corriger. Il permet d’identifier les anomalies, d’évaluer la maturité du processus, de détecter les écarts de prix et d’améliorer la gouvernance. Au milieu des impératifs de contrôle interne, la méthodologie préconisée par l’Association française de contrôle de gestion offre un cadre intéressant pour structurer l’analyse des flux comptables et opérationnels sans alourdir les processus. In fine, l’objectif est d’offrir une vision claire et exploitable pour réduire les coûts, renforcer la conformité et améliorer la performance opérationnelle.

Pourquoi auditer les achats de classe C ?

Les achats de classe C regroupent l’ensemble des biens et services nécessaires au fonctionnement de l’entreprise dont la valeur unitaire est faible, mais dont la fréquence et la dispersion sont élevées. Ils couvrent des catégories très diverses : services généraux, maintenance, IT, prestations ponctuelles, logistique, déplacements, consommables, petits équipements. Leur dispersion et leur faible unité de valeur les rendent complexes à suivre, ce qui explique pourquoi ils échappent souvent à la gouvernance achats traditionnelle. Pour compléter ce diagnostic, on peut se référer à la définition détaillée des achats de classe C et de leurs enjeux proposée par la presse spécialisée.

Un audit des achats de classe C permet de restaurer de la visibilité sur un périmètre fragmenté, souvent constitué de micro-achats, de fournisseurs occasionnels et de processus manuels. Cette visibilité est indispensable pour identifier les écarts de prix, les anomalies de facturation et les inefficiences opérationnelles. Au milieu des constats les plus fréquents, on retrouve notamment les comportements d’achats non centralisés, un phénomène déjà analysé dans la réflexion sur la gestion des achats et son rôle dans la performance globale, mais aussi dans les analyses montrant que les achats de classe C constituent un enjeu stratégique majeur en raison des coûts cachés qu’ils concentrent.

Un périmètre souvent mal maîtrisé

Les achats de classe C souffrent généralement de trois problèmes structurels :

  • faible visibilité, car ils sont dispersés dans plusieurs services ;
  • faible consolidation, car les volumes unitaires sont faibles et souvent non négociés ;
  • coûts administratifs élevés, car chaque micro-transaction génère un traitement complet (commande, facture, paiement).

Les risques invisibles

L’absence de contrôle sur les achats de classe C expose l’entreprise à plusieurs risques :

  • fournisseurs non qualifiés ;
  • variabilité des prix ;
  • achats ponctuels hors panel ;
  • documents incomplets ou non conformes ;
  • surexposition juridique et administrative.

Tableau – Différences entre achats directs et achats de classe C

Critère Achats directs Achats de classe C
Visibilité Forte Faible
Gouvernance Structurée Dispersée
Volume unitaire Élevé Faible
Pilotage Régulier Occasionnel
Risques Encadrés Sous-estimés

Présentation des indicateurs d’audit achats avec anomalies et variances de prix

Étape 1 : collecter et nettoyer les données achats

La première étape d’un audit achats efficace consiste à consolider toutes les informations disponibles, souvent éparpillées entre différents systèmes. Les données proviennent généralement de l’ERP, de la comptabilité, des factures, de la gestion contractuelle, des achats ponctuels ou encore des cartes d’entreprise. Pour obtenir une vision exploitable des achats de classe C, il est essentiel de rassembler ces sources sans omission et de les structurer dans un format homogène.

Au milieu de cette étape, l’un des leviers les plus utiles consiste à examiner les comportements d’achat fragmentés, notamment les micro-demandes qui apparaissent dans l’analyse de la centralisation des achats, car elles révèlent souvent des écarts de processus et des fournisseurs occasionnels. L’objectif est d’identifier précisément les catégories surreprésentées, les variations de prix et les zones d’ombre liées à un manque de données qualifiées. Ces analyses peuvent être complétées par les bonnes pratiques présentées dans le guide Optimisation des Demandes d’Achats.

Rassembler toutes les sources disponibles

Les données achats sont souvent dispersées dans différents outils, nécessitant une consolidation rigoureuse :

  • ERP et modules achats ;
  • factures fournisseurs ;
  • bons de commande manuels ou internes ;
  • notes de frais ;
  • achats spot ou non catalogués ;
  • historiques fournisseurs ;
  • contrats en cours.

Une collecte exhaustive permet d’éviter les analyses biaisées.

Nettoyage, normalisation et structuration

Une fois les données regroupées, plusieurs actions s’imposent :

  • normaliser les noms fournisseurs ;
  • regrouper les doublons ;
  • uniformiser les catégories ;
  • harmoniser les formats ;
  • corriger les anomalies de saisie ;
  • isoler les transactions incohérentes.

Cette étape permet de sécuriser l’audit et de construire des indicateurs fiables.

Tableau – Sources internes à intégrer dans l’audit

Source Informations clés récupérées Valeur ajoutée
ERP Commandes, factures, livraisons Vision globale des flux
Comptabilité Codes analytiques, paiements Validation financière
Notes de frais Achats individuels Identification micro-achats
Outils de gestion Contrats, fournisseurs Analyse des engagements
Achats spot Demandes urgentes Détection hors panel

Étape 2 : analyser les dépenses par catégories

Une fois les données consolidées et normalisées, l’audit achats peut réellement commencer. L’analyse par catégories est une étape déterminante pour comprendre la structure de la dépense, identifier les leviers de réduction et repérer les zones de risque. Les achats de classe C étant généralement très dispersés, une segmentation rigoureuse permet de clarifier les volumes, les coûts administratifs et les comportements d’achat.

L’un des constats récurrents est l’existence d’achats non catalogués, un phénomène qui apparaît souvent en parallèle des démarches liées à l’optimisation des achats, car il met en évidence les catégories les plus exposées aux dérives et aux écarts de prix. Segmenter permet donc d’identifier les postes à fort potentiel d’économie, mais aussi ceux qui nécessitent un meilleur cadre fournisseur ou une clarification des besoins. Des retours d’expérience sur les méthodes d’optimisation des achats de classe C montrent notamment l’impact de la consolidation des volumes.

Segmenter les dépenses pour obtenir une vision claire

La segmentation consiste à répartir les achats en familles homogènes :

  • fournitures et consommables ;
  • IT et logiciels ;
  • maintenance et réparation ;
  • transport et logistique ;
  • prestations intellectuelles ;
  • services généraux ;
  • achats ponctuels non catégorisés.

Cette classification permet d’isoler les catégories à forte fréquence, forte variabilité ou forte exposition aux achats hors panel.

Identifier les anomalies dans chaque catégorie

L’analyse par catégorie doit faire ressortir les anomalies suivantes :

  • variations de prix pour un même produit ou service ;
  • achats hors fournisseur référencé ;
  • fournisseurs multiples pour un même besoin ;
  • transactions isolées non justifiées ;
  • volumes anormalement faibles rendant la négociation impossible ;
  • achats urgents répétés, révélant des lacunes en planification ou en stock.

C’est à ce stade que les premiers leviers d’économie apparaissent, notamment via la rationalisation du panel fournisseur et la consolidation des volumes. Ces travaux trouvent un prolongement naturel dans la mise en place d’un tableau de bord achats performant pour suivre les KPIs clés.

Tableau – Indicateurs clés pour analyser une catégorie achats

Indicateur Ce qu’il révèle Action recommandée
Montant total par catégorie Poids budgétaire Priorisation des actions
Variabilité des prix Manque de négociation Harmonisation tarifaire
Nombre de fournisseurs Dispersion Rationalisation
Volume de micro-achats Inefficience Regroupement ou contrat cadre
Achats hors panel Déviation processus Centralisation & contrôle
Fréquence des achats urgents Faiblesses de planification Amélioration du stock ou sourcing

Étape 3 : analyser les fournisseurs

L’analyse du panel fournisseur est une étape centrale de l’audit des achats de classe C. Elle permet d’évaluer la structure actuelle des relations fournisseurs, d’identifier les risques et d’établir les axes d’optimisation. Alors que les achats stratégiques sont souvent bien encadrés, les achats de classe C font intervenir un grand nombre de petits acteurs, parfois ponctuels ou non qualifiés, ce qui complique la gestion et augmente les coûts administratifs.

Un audit efficace doit donc s’intéresser autant au volume d’activité qu’à la qualité de la relation fournisseur : conformité documentaire, performance opérationnelle, fréquence des incidents, cohérence tarifaire ou encore stabilité dans le temps. Au milieu des analyses les plus utiles, l’étude de la performance des fournisseurs apporte une base solide pour prioriser les actions à mener et identifier les opportunités de consolidation.

Concentration et dispersion du panel fournisseur

Les entreprises qui n’ont pas de stratégie de pilotage des achats de classe C se retrouvent souvent avec :

  • un nombre excessif de petits fournisseurs ;
  • des achats dispersés, sans engagement formel ;
  • une multiplication des factures ;
  • des variations tarifaires d’un fournisseur à l’autre ;
  • une gestion administrative lourde.

Ce phénomène reflète généralement un manque de centralisation ou un recours massif aux achats hors panel.

Évaluer la performance des fournisseurs

L’analyse de performance repose sur plusieurs critères clés :

  • qualité des prestations ou des produits ;
  • respect des délais ;
  • taux d’incidents ;
  • réactivité ;
  • conformité documentaire (attestations, certifications, assurances) ;
  • stabilité financière ;
  • cohérence tarifaire et respect des conditions négociées.

L’objectif est d’identifier les fournisseurs fiables, ceux à améliorer et ceux à sortir du panel.

Tableau – Indicateurs de performance fournisseur

Indicateur Ce qu’il mesure Interprétation
Taux de livraisons dans les délais Fiabilité opérationnelle Capacité à tenir les engagements
Taux de litiges Qualité / conformité Niveau de maîtrise fournisseur
Écart entre prix facturé et prix négocié Discipline tarifaire Risque de dérive
Documentation conforme Contrôle juridique Niveau de sécurité documentaire
Volume annuel Importance stratégique Justification d’un contrat
Nombre de factures Charge administrative Potentiel de consolidation

Identifier les risques fournisseurs

Une analyse approfondie révèle généralement trois types de risques :

  • Risques opérationnels : produits non conformes, retards, prestations incomplètes.
  • Risques financiers : fournisseurs instables ou dépendance excessive à un seul acteur.
  • Risques juridiques : documents manquants, certifications expirées, absence de contrat.

Chaque risque doit être cartographié et pondéré pour orienter les priorités de sécurisation. Ces démarches de sélection et de qualification peuvent être renforcées en s’inspirant des bonnes pratiques décrites dans l’optimisation du sourcing de fournisseurs.

Étape 4 : identifier les achats de classe C sauvages

Les achats de classe C sauvages — ou achats hors panel — constituent l’un des principaux points faibles de ce périmètre. Ils apparaissent lorsqu’un collaborateur achète directement un produit ou un service sans passer par le processus interne. Ces achats, souvent réalisés en urgence ou par facilité, échappent au contrôle, multiplient les fournisseurs et créent des écarts de prix importants. Ils représentent fréquemment une part significative des coûts cachés révélés par l’audit. Pour aller plus loin, l’article Réduire les achats sauvages grâce à l’IA illustre comment la technologie peut maîtriser ce phénomène.

Un point clé de l’analyse consiste à détecter les comportements isolés dans le flux de dépenses, en particulier lorsqu’ils sont liés à des commandes ponctuelles ou à des fournisseurs inconnus du service achats. Ce phénomène est très proche des dérives déjà constatées dans la réduction du hors panel et la gestion des achats de classe C sauvages, car il met en lumière des zones d’inefficience qui ne peuvent être corrigées qu’en renforçant la centralisation et la cohérence du processus.

Pourquoi les achats de classe C sauvages apparaissent ?

Les principales causes identifiées lors d’un audit sont :

  • un processus trop long ou trop complexe ;
  • l’absence de fournisseur adapté pour certains besoins ;
  • un manque de communication sur les règles internes ;
  • des urgences opérationnelles non anticipées ;
  • l’absence de point d’entrée unique ;
  • la perception d’un workflow plus lent que l’achat direct.

Lorsque le processus officiel n’est pas plus simple que l’achat direct, les collaborateurs le contournent.

Comment détecter les achats non conformes ?

Plusieurs signaux doivent attirer l’attention :

  • achats auprès de fournisseurs non référencés ;
  • dépenses faibles mais très dispersées ;
  • factures uniques pour un même fournisseur ;
  • variations de prix importantes pour un produit identique ;
  • commandes isolées réalisées hors workflow ;
  • achats urgents répétés dans la même catégorie.

Ces comportements apparaissent très tôt dans une analyse de dépense et indiquent un manque de pilotage sur certaines familles.

Tableau – KPIs pour mesurer les achats de classe C sauvages

KPI Objectif Ce que cela révèle
% d’achats hors panel < 10 % Niveau de discipline du processus
Nombre de fournisseurs occasionnels -50 % Dispersion et fragmentation
Variabilité tarifaire Minimale Absence ou échec de négociation
Volume d’achats urgents Stabilisé Mauvaise planification
Part des micro-achats Réduite Inefficience administrative
Écart entre commande et facture Zéro Conformité du cycle achat

Étape 5 : analyser les coûts administratifs

L’un des enjeux majeurs d’un audit achats consiste à mesurer le coût administratif réel des achats de classe C. Même si les montants unitaires sont faibles, chaque transaction entraîne un ensemble de tâches répétitives : validation, commande, réception, traitement de la facture, rapprochement comptable, paiement. Ce coût, souvent invisible, est généralement estimé entre une quinzaine et plusieurs dizaines d’euros par facture selon les études, soit parfois plus que le coût du produit acheté. Des analyses comme celles de Quadient sur le coût de traitement d’une facture permettent de matérialiser cet ordre de grandeur.

L’audit doit donc prendre en compte la totalité du cycle « demande → commande → réception → facture → paiement », car les dysfonctionnements de ce cycle sont directement responsables de la charge administrative et des écarts détectés dans les diagnostics orientés vers l’optimisation des demandes d’achats, notamment lorsque plusieurs services passent des commandes isolées. La mise en œuvre d’une automatisation des demandes d’achats est alors un levier majeur de réduction de ces coûts.

Le “vrai coût” d’un achat de classe C

Pour analyser correctement les coûts administratifs, il est essentiel d’évaluer :

  • le temps passé par les opérationnels pour créer la demande ;
  • le temps passé par les managers pour la valider ;
  • les échanges informels (emails, relances, appels) ;
  • le traitement de la commande par l’équipe achats ;
  • la réception et le contrôle des biens ou services ;
  • le traitement comptable de la facture ;
  • les éventuels litiges ou anomalies ;
  • la charge de rapprochement analytique.

Chaque étape génère un coût réel que l’audit doit quantifier.

Où apparaissent les inefficiences ?

La plupart des organisations découvrent durant l’audit :

  • une multiplication des micro-commandes ;
  • des workflows manuels lents ;
  • des validations non standardisées ;
  • des relances internes non mesurées ;
  • des factures non conformes générant des retouches ;
  • des achats spot qui créent des factures uniques ;
  • des litiges fréquents sur des références non standard.

Ces irritants administratifs, souvent sous-estimés, pèsent lourdement sur la performance globale.

Tableau – Coûts administratifs par étape du cycle achat

Étape du cycle Coûts générés Impact sur l’organisation
Création de la demande Temps opérationnel Production ralentie
Validation Temps manager Processus fragmenté
Passation de commande Temps acheteur Charge administrative
Réception & contrôle Temps logistique Risque d’erreur
Traitement facture Temps comptable Retards de paiement
Gestion litige Temps achats + finance Surconsommation interne
Rapprochement analytique Temps comptable Complexité budgétaire

Étape 6 : recommandations opérationnelles de l’audit

L’audit achats ne se limite pas à analyser et diagnostiquer : il doit se conclure par des recommandations actionnables, hiérarchisées et directement exploitables par la direction achats. L’objectif est d’améliorer la performance, de réduire les coûts cachés et de renforcer la gouvernance sur l’ensemble du périmètre des achats de classe C. Les recommandations doivent être réalistes, adaptées au contexte de l’entreprise et alignées sur sa capacité opérationnelle.

Les actions proposées doivent couvrir à la fois le processus, les outils, le panel fournisseur et la structuration des demandes. Cette approche transversale est particulièrement efficace lorsqu’elle s’appuie sur une analyse précise des catégories exposées à des écarts de prix ou à des commandes isolées, comme celles observées dans l’optimisation des demandes d’achats, qui révèle généralement un manque de standardisation et un besoin de consolidation.

Rationaliser le panel fournisseur

La première recommandation, souvent la plus rentable, consiste à réduire le nombre de fournisseurs sur certaines catégories. Bénéfices immédiats :

  • consolidation des volumes et meilleure négociation ;
  • réduction du nombre de factures ;
  • baisse du risque documentaire ;
  • simplification du pilotage ;
  • diminution des achats hors panel.

Une consolidation maîtrisée du panel permet aussi de structurer des accords-cadres et de stabiliser la qualité de service.

Digitaliser et automatiser les demandes d’achats

La majorité des inefficiences identifiées dans l’audit provient d’un processus manuel ou partiellement digitalisé. Les priorités sont les suivantes :

  • mettre en place un workflow automatisé ;
  • standardiser les formulaires de demande ;
  • réduire les validations superflues ;
  • intégrer la traçabilité de bout en bout ;
  • accélérer le cycle demande → commande.

L’automatisation permet de sécuriser les règles internes tout en réduisant les risques d’erreurs et les temps de traitement.

Activer le sourcing sur les catégories critiques

Certaines catégories exigent un travail de sourcing spécifique :

  • achats techniques ;
  • prestations spécialisées ;
  • besoins à forte variabilité ;
  • produits présentant un taux d’incident élevé.

Le sourcing actif permet :

  • d’obtenir des offres plus compétitives ;
  • de renforcer la qualité ;
  • de sécuriser les délais ;
  • d’améliorer la conformité documentaire.

Cette démarche est particulièrement utile dans les familles non cataloguées, où les achats ponctuels entraînent de fortes disparités tarifaires.

Construire un plan de mise en conformité

À partir de l’analyse fournisseur, il est indispensable de bâtir un plan de conformité intégrant :

  • les documents obligatoires (assurances, certifications, attestations) ;
  • les audits ponctuels obligatoires ;
  • la fréquence des mises à jour ;
  • les seuils de criticité ;
  • la gestion des suspensions et réactivations.

Tableau – Synthèse des recommandations issues de l’audit

Axe Recommandation Bénéfice pour l’entreprise
Panel fournisseur Réduction & consolidation Baisse des coûts et des risques
Processus Automatisation du workflow Rapidité & réduction erreurs
Données Normalisation Visibilité & pilotage fiable
Sourcing Renforcement catégories clés Meilleure qualité & compétitivité
Gouvernance Standardisation des règles Diminution hors panel
Conformité Plan documentaire Sécurisation juridique

Tableaux de synthèse de l’audit achats

La dernière étape d’un audit achats consiste à consolider les résultats dans des tableaux de synthèse clairs, permettant à la direction d’identifier rapidement les priorités, les gains potentiels et les actions à planifier. Ces tableaux facilitent la prise de décision et structurent le plan d’amélioration, en alignant les équipes autour des enjeux stratégiques. Ce travail s’appuie sur l’ensemble des données collectées, tout comme l’analyse réalisée pour la centralisation achat dans les industries, qui met souvent en évidence les bénéfices d’une gouvernance unifiée.

Tableau – Quick wins identifiés par l’audit

Les “quick wins” regroupent des actions rapides à mettre en œuvre, à faible complexité et à impact immédiat :

Action rapide Bénéfice Délai de mise en œuvre
Regrouper les micro-achats auprès d’un fournisseur unique Réduction du hors panel 2 à 4 semaines
Harmoniser les prix sur 5 à 10 catégories clés Économies immédiates 1 mois
Nettoyer et normaliser la base fournisseurs Processus plus fiable 2 semaines
Réduire le nombre de validations inutiles Accélération du cycle Immédiat
Centraliser les demandes urgentes Moins de dispersion 2 semaines

Tableau – Gains structurels à moyen et long terme

Les gains structurels nécessitent une transformation plus profonde, mais apportent une amélioration durable :

Axe d’amélioration Impact Horizon
Automatisation complète du processus achat Réduction des coûts administratifs 3 à 6 mois
Mise en place d’accords-cadres Sécurité tarifaire et qualité 6 à 12 mois
Rationalisation avancée du panel fournisseur Moins de risques et de factures 4 à 8 mois
Implémentation d’un point d’entrée unique Disparition du hors panel 3 à 6 mois
Suivi mensuel via tableaux de bord Pilotage pérenne Continu
Programme de formation interne Adoption du processus 2 à 3 mois

Tableau – Risques maîtrisés après audit

Type de risque Situation avant audit Situation après mise en œuvre
Risque juridique Documents manquants Conformité renforcée
Risque opérationnel Variabilité qualité Prestations stabilisées
Risque financier Surcoûts & micro-achats Économies consolidées
Risque fournisseur Panel instable Panel rationalisé
Risque administratif Workflow manuel Automatisation complète
Risque de gouvernance Données dispersées Vision consolidée
Analyse des fournisseurs de classe C avec segmentation et indicateurs d’audit

Conclusion

L’audit achats est un outil essentiel pour reprendre le contrôle des achats de classe C, un périmètre caractérisé par la dispersion, la variabilité des prix et la multiplication des micro-transactions. En collectant des données fiables, en segmentant les catégories, en analysant la performance fournisseurs et en identifiant les achats hors panel, l’entreprise obtient une vision claire de ses leviers d’optimisation.

Cette démarche met en évidence des axes immédiats de réduction de coûts, mais aussi des transformations structurelles : automatisation du processus, rationalisation du panel fournisseur, homogénéisation tarifaire, renforcement de la conformité documentaire et mise en place d’un pilotage régulier. L’audit devient alors un véritable levier stratégique qui améliore la performance, réduit les risques et consolide la gouvernance interne.

Contactez nos experts pour réaliser un audit complet de vos achats de classe C et identifier les actions les plus rentables pour optimiser votre organisation.

FAQ

1. Qu’est-ce qu’un audit des achats de classe C ?

Un audit des achats de classe C consiste à analyser la dépense faible valeur afin d’identifier les dérives, les fournisseurs isolés, les factures unitaires et les opportunités d’optimisation.
👉 En savoir plus

2. Pourquoi auditer les achats de classe C ?

Parce que cette catégorie concentre le plus grand nombre de fournisseurs et de factures, avec une forte proportion de coûts cachés. L’audit permet de détecter les anomalies, rationaliser le panel fournisseur et réduire la charge administrative.
👉 Voir l’article

3. Quels indicateurs utiliser pour analyser les achats de classe C ?

Les KPI les plus pertinents incluent : dispersion fournisseur, factures isolées, variations de prix, commandes hors process, taux de conformité documentaire, et coût administratif par commande.

4. Comment identifier les dérives dans les achats de classe C ?

Les dérives apparaissent lorsque les achats sont dispersés entre trop de fournisseurs, sans négociation, avec des variations de prix ou des commandes répétées de très faible montant.
👉 Méthode d’analyse

5. Quels sont les risques liés aux achats de classe C ?

Les risques majeurs sont : prix non négociés, surcharge administrative, factures multiples, fournisseurs non qualifiés, faible visibilité sur les dépenses.
👉 Comprendre les risques

6. Comment réduire les coûts dans les achats de classe C ?

La centralisation du tail spend, la consolidation des fournisseurs, la digitalisation et l’externalisation des achats de classe C permettent de réduire significativement les coûts et les efforts internes.
👉 Lire le guide

7. Quelle méthode utiliser pour auditer les fournisseurs des achats de classe C ?

L’audit doit tenir compte de la volumétrie, du ticket moyen, de la conformité, du taux de factures isolées et de la performance fournisseur.
👉 Cahier des charges utile

8. Comment automatiser l’analyse des achats de classe C ?

L’automatisation via le Procure-to-Pay et l’analyse intelligente de la donnée permet de détecter automatiquement les anomalies, les doublons, les risques et les hors-process.
👉 IA achats

9. Quelle différence entre achats de classe C et achats sauvages ?

Les achats de classe C sont une catégorie structurée et analysable. Les achats sauvages, eux, sont des achats réalisés hors procédure, quelle que soit la catégorie.
👉 Comprendre les achats sauvages

10. Quel ROI attendre d’un audit des achats de classe C ?

Le ROI provient principalement de la rationalisation du panel fournisseur, de la baisse des coûts unitaires, de la réduction du nombre de factures et d’une meilleure gouvernance de la dépense.

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